Association Estelle - Colloque du 6 mars 2004

Fiche de synthèse de l'intervention de Monique LETERRIE


Monique LETERRIER , psychanalyste, docteur en médecine, part d’un premier constat : devant la mort d’un enfant, qui représente une véritable anomalie, les parents et leur entourage peuvent ressentir un abattement proche du dégoût de la vie, ou garder suffisamment de goût à la vie pour lutter en manifestant leur refus de cette disparition, de cette absence obsédante. C’est l’attitude courageuse du père d’Estelle depuis des mois.
Puis elle s’interroge sur le rôle de l’éducation reçue dans les comportements pédophiles, et précise que fondamentalement « éduquer » consiste à humaniser et socialiser un être, non par des discours mais par un exemple permanent de comportement humain et sociable, également par le biais d’une relation éducative de qualité entre l’enfant et le parent. En effet, chacun étant un être unique, on ne peut définir de méthode parfaite qui serait valable pour tous. Cette responsabilité est lourde à exercer : Madame Letterrier rappelle que le métier de parent est le plus difficile de tous. Il est impossible d’atteindre la perfection; ce sont les erreurs ou les lacunes initiales qui entraînent les difficultés de vie ultérieures, sur lesquelles travaille la psychanalyse. S’agissant du pervers, force est d’admettre que l’échec incombe probablement à la fois aux deux : les parents ont échoué, et l’enfant n’a pas cherché, ou pas voulu s’humaniser.